Nous tenons à remercier Monsieur Stéphane NICOLA pour l’autorisation de publication sur notre site d’un extrait de son Master présenté en 2007. Avec toutes nos félicitations à lui et à son tuteur de stage Monsieur Franck HUFSCHMITT.
-Cadre géologique et géomorphologique du bassin versant de la Zorn
Le bassin versant de la Zorn couvre une surface totale de 757,6 km² à l’exutoire de Hoerdt/Weyersheim.
La Zorn prend sa source sur le flanc Ouest des Vosges à 800 mètres d’altitude dans le massif du Spitzberg au pied du Grossmann (986 mètres) à l’ouest du massif vosgien en Moselle. Son tracé s’infléchit dans le sens W / E, conformément à la pente provoquée par la tectonique régionale. Elle traverse alors le massif vosgien, puis recoupe les 2 failles majeures du fossé rhénan et le champ de failles de Saverne [Vogt, 1992].
La Zorn reçoit alors ses deux principaux affluents : la Zinsel du Sud à Steinbourg (rive gauche), la Mossel à Dettwiller (rive droite).
Elle conflue avec la Moder, après un parcours de 90 Km, juste avant de rejoindre les eaux du Rhin.
Quatre unités géomorphologiques peuvent être distinguées :
- Le plateau lorrain (unité 1) : d’une structure monoclinale légèrement inclinée vers le centre du bassin parisien. Au contact avec le massif vosgien, son altitude avoisine les 600 mètres.
- Le massif vosgien (unité 2) : de manière général, ce massif est granitique dans la moitié méridionale et gréseuse pour la moitié septentrionale. On peut l’assimiler à un semi horst, dont la surrection est plus forte au Sud qu’au Nord. Cela explique d’une part les différences d’altitude constatées entre les sommets des ballons des
Vosges (environ 1300 m) et ceux des Vosges du nord (500 m à 600 m) d’autre part la différence de lithologie (due au décapage de la couverture sédimentaire dans les Vosges méridionales). A partir de Lutzelbourg, la Zorn se dirige vers l’Est selon la direction des rivières alsaciennes. Jusqu’à Saverne, elle coule dans une vallée
étroite et encaissée.
- Les collines sous vosgiennes (unité 3) : elles sont délimitées par deux failles normales, de direction SSW / NNE. A l’ouest, la faille vosgienne limite le massif vosgien et son piémont (rejet de 600 à 800 m avec un pendage de l’ordre de 60 à 70 m). A l’est, la faille rhénane présente un rejet de 1800 m dans le bassin de Strasbourg et un pendage de 60 à 80° (Nivière N., 1998). La distance entre ces deux failles et leur éclatement en faisceaux de failles créent des zones de champs de failles, dont la plus caractéristique est celle de Saverne. Les roches affleurantes sont très hétérogènes en dépendance avec le rejet de chaque bloc de faisceau.
Cependant, les couches marno-calcaires prédominent. Elles sont généralement masquées par la présence d’une couverture de loess pouvant dépasser 10m d’épaisseur. C’est à Saverne, où l’altitude n’est plus que de 210 m, qu’elle quitte le massif montagneux pour s’écouler dans le domaine des collines sous vosgiennes.
- La plaine du Rhin (unité 4) : il s’agit d’une plaine en pente douce du Sud vers le Nord, dont la dénivelée est d’environ 100 m entre ses 2 extrémités. Après l’effondrement du fossé rhénan, des terrasses alluviales du Rhin, sablo graveleuses à dominante calcaires, sont venues s’y épandre. Une zone de contact complexe s’est ainsi établie entre les alluvions transportées par le Rhin et les rivières vosgiennes, telle que la Zorn. Les localités de Mommenheim et Waltenheim
marquent l’entrée dans la plaine rhénane [Pautrat H., 1987].